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Concours pour le paradis de Clélia Renucci

Article du 21 août 2018

Attention, poids lourd de la rentrée: à la fois premier roman et chef d’oeuvre littéraire, façon thriller intemporel, écrit à la cravache et au scalpel, avec une science de la documentation savamment digérée qui est celui d’une vraie pro du récit historique. L’auteur est une quasi-inconnue, à qui on doit un livre sur les séductrices de l’histoire (« Libres d’aimer, les cougars en littérature« ). Son propos d’aujourd’hui: après un incendie du palais des doges au XVIe siècle, un concours pour la la récréation du paradis dans la plus noble salle de l’édifice va déchaîner les ambitions et les passions. Véronèse, Bassano, le Tintoret concourent entre autres.

Les deux premiers l’emportent dans un premier temps. Mais rien ne se déroule comme prévu. La malice de Clélia Renucci est de nous raconter la lutte qui oppose ou réunit les différents peintres, de nous persuader de leur talent, de leur imagination, de leur génie, de leur propension aussi à résister aux forces maléfiques de l’inquisition, aux mondanités, aux luttes de pouvoir, aux perversités du temps. Puis de ficeler son intrigue avec une malice sans pareille, pour mettre en scène aussi les proches, amantes ou rejetons des peintres aux premières loges. Tout cela est à la fois charmeur, ensorceleur, bien digne de la cité des merveilles que constitue la Sérénissime. La force de l’écriture aidant, on est happé dès les premières pages, dès les dernières phrases du premier chapitre. « Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. » Voilà un livre à ne pas laisser filer!

Concours pour le paradis de Clélia Renucci (Albin Michel,  19 €, 270 pages).

A propos de cet article

Publié le 21 août 2018 par

Concours pour le paradis de Clélia Renucci” : 1 avis

  • Philippe Lou

    Préparant un voyage à Venise j’ai suivi votre conseil et je viens de terminer Concours pour le Paradis. Je suis légèrement moins enthousiaste que vous ne l’êtes mais j’ai trouvé cependant cela très agréable à lire. On se sent réellement à Venise au 16 ème siècle et c’est un plaisir d’avoir l’impression de partager le quotidien des Tintoret ,Véronèse et autres comparses. Merci pour cette découverte, car sans cela, vu le peu de support médiatique dont il semble bénéficier, je serais passé à côté.

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