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Jacky Carles

« Monteils : le petit monde de Jacky Carles »

Article du 22 juin 2018

Jacky Carles et sa soupe © GP

Il n’a jamais quitté son village – qui fut celui du cardinal Marty – , au cœur de l’Aveyron, de ses bastides, non loin de Najac et de Sauveterre, sinon pour accomplir son service militaire. Né en 1955 à Monteils, Jacky Carles quitte l’école à 16 ans, fait “ chauffeur d’engin ” durant sept ou huit ans. “ Ce que j’ai tenu à suivre, explique-t-il, dans son labo nickel, où il mitonne terrines, pâtés, confits, c’est l’école de la vie« . Son credo? « J’ai appris par moi-même. J’ai eu envie d’être patron. Après un accident de travail, j’ai repris l’exploitation familiale, avec vaches et veaux. J’ai semé de l’ail et de l’oignon, acheté quelques canards et commencé à gaver ”.

Enseigne © GP

“ Je suis devenu un gaveur marginal, donnant naissance au tourisme vert dans mon village. C’était en 1980. J’ai invité les gens à la ferme, donné un coup à boire, un bout à manger. J’ai créé une entreprise de conserve. Au bout de treize ans, j’ai vendu les vaches, qui n’étaient pas assez rentables. J’ai créé un petit musée du cuivre avec une série de casseroles et de chaudrons. J’ai organisé des repas à la ferme, prenant soin d’offrir celui des enfants. J’ai organisé le tirage au sort parmi les gens passés pour les dégustations libres, avec, comme lot, une semaine de vacances dans un gîte. Il y a, aujourd’hui, 25000 dégustations gratuites par an ”.

Salle des cuivres © GP

On a envie de le laisser parler, glisser sur son apprentissage et sa réussite, sans forfanterie d’aucune sorte. On n’a pas envie d’intervenir de peur de briser son rythme et sa musique. Et lorsqu’on entend le Jacky raconter de sa voix douce sa belle histoire, on se dit qu’il pourrait y en avoir des villages sauvés à travers la France. Le sien vit en partie grâce à lui.

Dans les casiers, les conserves © GP

Il fait travailler le bureau de poste local, avec ses ventes par correspondance. Et sa boutique a bonne mine, avec sa cheminée géante, ses batteries de cuivre, son labo propre et astiqué comme un sou neuf où il mitonne son foie gras et cette (admirable) soupe paysanne dite, joliment,  » soupe pour les amis« . On vient chez lui manger sans se priver, se repaître de la soue fameuse, des fritons de canard en salade, d’un canard farci au foie gras « béni » (comprenez : flambé) au capucin et aux pruneaux, se délecter d’un confit, d’un chou farci, d’une canette aux olives, avant les tartes (pastèque et figues, pommes, pruneaux), bref, faire joliment bombance.

La soupe © GP

Fritons de canard en salade © GP

Foie gras frais aux pruneaux © GP

Tartes pruneaux, pommes, pastèque-figues © GP

On peut choisir de s’asseoir la table d’hôte pour une poignée d’euros (mais la place est toujours gratuite pour les enfants), boire là dessus le rouge maison issu de « cubi », réserver une chambre dans un gîte, visiter le musée des cuivres, comprendre comment fonctionne la ferme. Et acheter les produits mitonnés main. Bref, prendre le temps de voir les choses, de goûter et de rêver, en comprenant que Jacky, ce précurseur du tourisme vert chez lui, est un bon géant bonhomme,  à qui son petit pays doit beaucoup.

Un selfie avec Jacky © GP

Jacky Carles

Ferme Carles
12200 Monteils
Tél. 05 65 29 62 39
Menus : 25 (vin et café compris) €
Site: www.fermecarles.fr

A propos de cet article

Publié le 22 juin 2018 par

Jacky Carles” : 1 avis

  • Jean bernicchia

    je lui ai même adressé un poème pour le remercier mais je n’arrive pas à le mettre ici ! Dommage !
    il s’intitule :Jacky de Monteils et je ne sais pas s’il l’a reçu
    Table à recommander,(ce que je n’arrête de faire) et personnage truculent !
    J’y retournerai

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Jacky Carles