Aux Bons Enfants
« Cannes: un bistrot providentiel »
C’était, c’est toujours, la bonne affaire du coeur piétonnier de Cannes, un lieu jouant le bon, le pas cher, le savoureux, le raisonnable, en suivant le modèle de la Meranda niçoise: pas de réservation, du moins pas de téléphone (même si la maison en possède un vieux, juste pour le décor), pas de carte de crédit, des petits prix, des plats sympas. depuis 1933, les Giorsetti accueillent, servent, racontent. Luc dernier du nom a agrandi son décor de bouchon cannois, l’embelli avec ses boiseries sombres en façade, ses deux belles salles, son beau comptoir en zinc, ses peintures murales, ses photos souvenirs.
Luc, qui fut jadis stagiaire au Martinez à l’époque de Christian Willer, délivre là une cuisine ménagère pleine de saveurs et de bon sens. Brandade de morue à la niçoise, petits farcis, piperade revisitée au jambon de montagne, terrine d’artichauts rôtie à la pancetta et mozzarella, oreilles de cochon grillée font des entrées pleines de verve. On ajoute le stockfish, la rascasse meunière, le canard aux olives ou la poitrine de veau farcie qui passent comme une lettre à la poste. Riz au lait, baba au rhum ou crème brûlée au thé font de plaisantes douceurs.
















Certainement la meilleur adresse de bistrot à Cannes, et je les ai tous essayé plusieurs fois depuis 30 ans. Tout est maison, les saveurs locales sont bien là.