Le Chabichou

« Courchevel: mon apéro chez Rochedy avec Jean-Luc Petitrenaud »

Un article plus récent sur le même sujet est disponible sur notre site, vous pouvez le retrouver en cliquant ici

Article du 18 février 2011

La belle surprise de ma journée d’hier: un apéro chez Michel Rochedy, sur sa terrasse au soleil – celle du Chabichou veux-je dire – en compagnie, imprévue, insolite, de mon vieux pote Jean-Luc Petitrenaud. Jean-Luc, qui fut mon compagnon d’équipée au temps du « Guide Pudlowski des Villes Gourmandes » (c’était en 1989, et nous faisions nos débuts à deux sur une France gourmande qui s’ancrait alors dans la modernité), est, on le sait, un conteur hors pair. On connaît l’homme de médias, de radio, de show biz, le chauffeur de taxi anglais dans la campagne française, l’amuseur chroniqueur, le partageur d’émotion, le baladin toujours affable. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il n’a pas son pareil pour imiter un chef drolatique, un chroniqueur prétentieux, une hôtesse revêche. Ses numéros multiples sont à se rouler par terre, à se plier de rire.

A Courchevel, tandis que sa petite famille – Sylvie, Louise, Antonin – s’adonne aux joies de la neige, Jean-Luc écrit, enfermé dans un studio de la Croisette. On attend de lui un futur « Dictionnaire des Petits », à paraître chez Stock, sous la houlette de son directeur zélé, écrivain au long cours – un autre de mes vieux potes du temps de mes débuts de critique littéraire au Quotidien de Paris -, Jean-Marc Roberts. Hier, Jean-Luc en était à son entrée « Petits Pois ». Et on est sûr qu’il nous régalera de bons mots, lui qui sait si bien évoquer ses bons mets et à qui l’on doit un adorable « Mes envies de vivres » – paru chez Fayard, en 2008.

Bref, je parle, je parle, je raconte, j’évoque, je me souviens et voilà que je radote… En oubliant de vous dire que Michel Rochedy, qui fête sa 47e année à Courchevel, est bien devenu le sage de la station. Ce natif de St Agrève, à qui on doit « la Montagne Apprivoisée » (Glénat, 2007), toujours jeune, malgré ses trois quarts de siècle, cuisine, avec son chef, le MOF Stéphane Buron, lorrain de Nancy, formé jadis au Grand Hôtel Bragard à Gérardmer, qui lui est présent là depuis deux décennies, une barre de foie gras aux topinambours, des filets de sole aux écrevisses avec sa carbonara ou encore un  cochon du Cantal avec sa poitrine caramélisée au jus, sa joue braisée au vin rouge de Savoie, sa compression de pomme et coing.

Mais ses menus à prix « normaux » en font un OVNI au pays de luxe-sur-neige. Et sa prouesse est de servir au déjeuner, pour 50 €, des plats vifs, frais, cuisinés, mijotés et savants sous une apparence simple, comme le tartare de poissons sauce yuzu,  le délicat gigot d’agneau rôti au tournebroche avec son jus de cuisson aux aromates et ses jolis légumes confits, enfin ce plaisant bavarois à la framboise aux éclats de chocolat blanc et sorbet fruits rouges qui font plaisir sans malice. On n’oublie pas, au passage, le soufflé au beaufort avec sa tartine de truffe noire, ni le velouté de courge aux châtaignes, clin d’œil de cet Ardéchois cœur fidèle à sa région natale.

Le Chabichou

quartier des Chenus
73120 Courchevel
Tél. 04 79 08 00 55
Menus : 50 (déj.), 90, 180 €
Carte : 200-250 €
Site: www.chabichou-courchevel.com

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !

Le Chabichou