Max ou la grande illusion

Article du 11 octobre 2017

Avez-vous connu le Grand Zabbatini, ce mage perse qui dans les années 1930 à Berlin, fascina le public par ses visions et ses tours de magie, impressionnant même le Führer? Emanuel Bergmann, né à Sarrebruck à 1973, vivant à Los Angeles, a retrouvé sa trace. Ou plutôt l’a inventé, réinventé, recréant par la-même la magie d’une époque. Il imagine qu’un enfant d’aujourd’hui part à sa recherche pour lui demander de renouer le fil de l’amour éternel par un pieux sortilège devant rabibocher ses parents en plein divorce. Entre le Grand Zabbatini, alias Moshe Goldenhirsch, fils d’un rabbin de Prague, qui refait sa vie dans l’Allemagne en proie au nazisme, et le petit Max Cohn, dans le LA d’aujourd’hui, des fils étranges, d’amitié, d’affection, d’admiration vont se tisser. Emanuel Bergman raconte avec drôlerie, intercale ses deux récits parallèles (Prague, Hanovre et le Berlin des années 30, les USA du début du XXe siècle) avec un sens du suspense teinté d’humour nourri de cent rebondissements. L’histoire frôle le tragique, s’y enfonce, rebondit dans le comique, est saupoudré de scènes woodyalleniennes. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde, on s’émeut, on rit. Ce grand roman picaresque est un merveilleux tour de magie.

Max et la Grande Illusion, Emanuel Bergmann (Belfond, 352 pages, 22,50 €).

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Publié le 11 octobre 2017 par
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