Ma vie sans moi, roman, de Nathalie Rheims

Article du 26 août 2017

Elle était la reine du mystère (« Le Cercle de Meggido », « L’Ombre des Autres », « Lumière invisible à mes yeux »), elle est devenue la reine de l’autofiction, évoquant la mort de sa mère (« Laissez les cendres s’envoler ») ou son amour jeune pour un comédien du Français (« Place Colette »). Elle avait évoqué Charles Denner et son frère (« L’un pour l’autre »), dressé une stèle à celui qui fut son compagnon (« Claude »), sans omettre de rendre ici et là hommage à son père, qui fut commissaire-priseur, académicien français, collectionneur émérite, écrivain à ses heures. Elle pourrait se perdre dans ses identités. Au contraire, elle y trouve sa nourriture, riche, tire sa toile, manie le « name-dropping » avec art, se veut anti-mondaine, mais connaît le gotha littéraire comme sa poche, rêve du Goncourt, imagine la fille qu’elle n’a pas eu, mais qui pourrait ou aurait pu le lui chiper. Bref, Nathalie Rheims se dédouble en s’amusant dans ce faux roman de rentrée comme un pied de nez salubre. Le prétexte: une séance d’anesthésie pour une opération dentaire délicate. Nathalie s’endort profondément, rêve et règle quelques comptes. Le lecteur est vite convié en complice, voire en copain voyeur. La lecture est aisée, vive, rapide Les mots filent. Nathalie vous tire par la manche, et, mine de rien, vous retient. Ce qui pourrait n’être qu’une pochade narcissique avec ses emprunts, en exergue à chaque chapitre, au poème d’Armand Robin, qui donne son titre au livre (« Ma vie sans moi« ), marque avec pertinence, imprime avec lucidité, ne négligeant ni la belle humeur, ni l’humour en demi-teinte.

Ma vie sans moi, roman, de Nathalie Rheims (Léo Scheer, 188 pages, 15,50 €)

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Publié le 26 août 2017 par
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