Le chef d’oeuvre en trompe l’oeil de Jessie Burton

Article du 7 mai 2017

Attention, chef d’œuvre ! L’art, Londres, la guerre d’Espagne, l’inspiration, l’amour… quoi d’autre? Voilà ce que vous trouverez en filigrane dans le nouveau roman de Jessie Burton. La jeune auteur du « Miniaturiste » réédite son succès avec ce coup de maître. On ne vous résumera pas près de 500 pages en quelques mots. On vous dira juste que l’histoire de ce livre est coupée en deux: d’un côté Londres et l’Angleterre des années 1960, de l’autre l’Andalousie, Malaga, l’Espagne des années 1930, celles de la déchirure.

Entre les deux ? Un tableau mystérieux, que va dénicher, sans qu’elle ne puisse s’en défaire, la jeune Odelle venue de Port of Spain dans les Caraïbes, qui tombe amoureuse de son possesseur, le montre à son employeuse, la fascinante Marjorie Quick. Et puis tous ces personnages qui en sont à l’origine: Harold Schloss, le marchand d’art, qui expédie ses oeuvres à Peggy Guggenheim, pour sa maison de Venise,  sa femme Sarah, sa fille Odile, et puis Isaac Robles, leur jardinier qui est aussi peintre, sa soeur Teresa… On ne vous en dit pas plus. Jessie Burton conte avec finesse les itinéraires croisés de ses personnages passionnés, tend des pièges au lecteur, livre des trompe l’oeil, glisse des clés, narre avec une précision clinique les crimes de la guerre civile en Espagne – on y apprend beaucoup sur les massacres de Malaga, perpétrés par l’armée d’Afrique…

Mais chut ! Il n’est pas question d’aller plus loin, au risque de déflorer ce récit constamment passionnant, qui mêle habilement la grande histoire avec une fiction liée à l’art. Frissons garantis!

Les filles au lion de Jessie Burton, traduit de l’anglais par Jean Esch (Gallimard, 490 pages, 22,50 €).

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Publié le 7 mai 2017 par

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