Le Plomb du Cantal

« Au Plomb du Cantal (Paris 14e) »

Article du 13 janvier 2011

Le Plomb du Cantal © GP

C’est un lieu qui ne dit pas tout à fait son nom et sa fonction. Café, restaurant, brasserie, rendez-vous, lieu d’amis, QG de copains, terrasse sur la rue encombrée de voitures: tout cela enemble. Il y a les comédiens des théâtres proches, les amis journalistes du Point, les visiteurs du proche cimetière Montparnasse venus se requinquer après le recueillement, les touristes de la Tour Montparnasse, les habitués des sex shops proches (qui sont peu à peu remplacés par des commerces « normaux »: tout se perd): bref, cet îlot de savoir-vivre dans un quartier en mouvement est à l’image de ce dernier: bigarré et changeant. C’était, jadis, la rue de « la Gaîté triste ». C’est devenu une artère filante du nouveau Montparnasse qui bouge, entre Maine et Odessa/Edgar Quinet. Autant dire un lieu stratégique.

Nous sommes là, tout de même, pour fêter le Cantal, chez les Alric, où  la bonne humeur est une consigne, où la gourmandise est choyée, bichonnée, dorlotée de roborative façon. Le service conduit par M. Marcel est empressé et les assiettes, signées de Mme Marinette, sont généreuses tout plein, servies avec prolixité. La tonalité générale est auvergnate et,  comme le précise l’enseigne, cantalou. Assiette de cochonnailles en direct du pays, et, suivant l’humeur et la saison, truffade, aligot, entrecôte bien tendre, omelettes géantes et flan auvergnat rappellent ce pays qui, comme disait Vialatte « produit des fromages, des ministres et des volcans« . On croque un bout de saint nectaire et une tranche de cantal entre deux, en arrosant le tout d’un saint-pourçain frais comme l’onde ou d’un petit bordeaux de derrière les fagots, servis au verre. Et on peut achever ses agapes sur une Suze, d’une Sars ou d’une Avèze, au goût de gentiane, comme au pays.

On peut aussi juste boire un verre, s’accouder au zinc, lire, distraitement ou pieusement, la presse du jour, refaire le monde dans sa tête, observer le voisin qui s’enfile son troisième verre de rosé depuis 9h30. Il y a ici du bonheur, de la joie de vivre, un rien de provincialisme qui, monté à Paris, n’a rien perdu de sa graine du terroir. Cela s’appelle le Plomb du Cantal, nous sommes bien les chez Alric, à deux pas de la gare Montparnasse qui vous mène non à Clermont ou à Aurillac, mais en Bretagne. Bref, c’est un établisssement riche, finaud, sous ses allures simples ou mode ou banales, dont chacun peut faire son miel. Bref, un lieu très parisien et de son époque.

Le Plomb du Cantal

3, rue de la Gaîté
Paris 14e
M°: Edgar-Quinet, Gaîté. 7h-2h du matin (plats chauds midi-minuit). Fermé août
Tél. 01 43 35 16 92
Menus: 20 (sem.) €
Carte: 32-50 €

A propos de cet article

Publié le 13 janvier 2011 par Gilles Pudlowski
Catégorie : Rendez-vous, Restaurants
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5 commentaire(s) pour “Au Plomb du Cantal (Paris 14e)”

  1. lesailesdeladinde dit :

    Peut-être oui, mais là, à mon avis, concernant la planche de charcuterie-fromage, il s’agissait réellement d’un souci de matière première, et non de cuisine ou de jour favorable ou non.

  2. Le Mac Café, c’est écossais et « mac burgerien »? Je préfère le Cantal, même loin d’Aurillac et de la chaîne des Puys. « Ce qui fait l’intérêt de l’Auvergne, disait Vialatte, c’est qu’elle est remplie d’Auvergnats. S’il faut en croire les dernières statistiques, elle en contient même plus qu’à Paris » (in les Dernières Nouvelles de l’Homme). Il est vrai que ce texte date d’il y a quarante ans…

  3. Mouais, on peut parler pareillement du McCafé.

  4. Mais c’est un endroit inégal, un café qui bouge, une brasserie mi-gourmande avec ses hauts et ses bas, un jour un aligot à la colle, l’autre chaud, onctueux, velouté, souple et presqu’aérien. L’autre jour, c’était parfait. Mais il y a les jours « sans », les heures de surchauffe…

  5. lesailesdeladinde dit :

    Peut-être avais-je été le mauvais jour, mais je n’ai jamais mangé une planche mixte avec un cantal aussi insipide, caoutchouteux et une charcuterie aussi grasse. L’aligot très très moyen également ! C’était l’année dernière, peut-être tout a-t-il changé?



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