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Vitoux, Roger et l’Italie

Article du 2 juin 2016

IlMeSembleDesormaisQueRogerEst

« Il me semble désormais que Roger est en Italie » faisait partie, jusqu’ici, de ces livres minuscules qu’on se repassait en douce, entre amis, entre fous d’Italie, entre passionnés de cinéma, entre camarades lettrés, comme un opuscule rare, un porte-bonheur, un bréviaire. Publié chez Actes Sud en 1986, il y a tout juste trente ans, republié en semi poche chez Equateurs, ce joli tribut payé à l’amitié par Frédéric Vitoux raconte en quelques pages la folie de Roger Tailleur, critique à la revue Positif dans les années 1960-1980, à la fois solitaire, acariâtre et misanthrope, que sa passion pour l’Italie mena vers des chemins de soleil avant qu’une leucémie foudroyante ne l’arrache à l’affection – rare – des siens.

Roger n’est, bien sûr, qu’un prétexte. Vitoux, qui a le don de parler de l’Italie, de l’île Saint-Louis, de Céline, du petit monde de l’édition, avec une sorte de maniaquerie lucide et obsessionnelle portant à la ferveur communicative, nous raconte Roger et sa passion stendhalienne pour les petits cités de caractère, leurs piazzette et leur beauté, avec un enthousiasme non feint. L’auteur de « Sérénissime » et de « la Comédie de Terracina » s’y montre tel qu’en lui-même: fidèle à la beauté, à ses passions, à l’amitié. On lit, on relit son livre comme une sorte de talisman complice. Grand texte, prose brève, sujet éternel.

Il me semble désormais que Roger est en Italie, de Frédéric Vitoux (Equateurs Parallèles, 85 pages, 9 €).

A propos de cet article

Publié le 2 juin 2016 par

Vitoux, Roger et l’Italie” : 1 avis

  • Sylvia

    Ça donne envie de le (re)lire… Frédéric Vitoux vous doit une fière chandelle !

    Sinon il manque un « e » à « petits (sic) cités de caractère » 🙂

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