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Les chuchotis du lundi: Nicole résiste, Thuriès arrête, le Goh change, Streiff arrive, Hellio revient, mais où passé Jancou?

Article du 29 février 2016

Nicole fait de la résistance

Nicole Rubi © Maurice Rougemont

Nicole Rubi © Maurice Rougemont

« Il vaut mieux avoir mauvais caractère que de ne pas en avoir du tout », disait sa mère à Nicole Rubi. Toute sa vie, cette dernière en a fait son fonds de commerce. En recevant ses amis à la Petite Maison de la rue François de Paule à Nice, ou dans ses annexes du Majestic à Cannes et du Fouquet’s à Paris, elle a continué à en faire usage. Bon ou mauvais, en tout cas son caractère fait recette. La preuve? Dominique Desseigne du Groupe Barrière et Alain Ducasse se battent dans l’ombre pour accrocher la marque « Maison de Nicole » à leur tableau de chasse. Pour l’heure, la balance semble pencher du côté du cuisinier globe-trotter, fou de Riviera, qui louange d’ailleurs la demeure niçoise dans son livre consacré à la région. « Il ne m’aura pas« , glisse en douce cette dernière qui, officiellement au moins, clame son indépendance…

Thuriès abandonne le Grand Ecuyer

Yves Thuriès © DR

Yves Thuriès © DR

Accusé, injustement par la répression des fraudes de « tromperie sur la marchandise » pour une poitrine de veau farcie et truffée, utilisant de la truffe d’été (« tuber estivum ») à la place de la truffe noire (« tuber melanosporum »), mais relaxé par le tribunal d’Albi, au motif que l’appellation « truffée » n’est pas réservée à la seule melano, Yves Thuriès a décidé de vendre son Grand Ecuyer, cette belle table gourmande qui règne sur la région depuis les hauts du beau village de Cordes. Sur son site internet, qui rassemble toutes ses activités, et rappelle qu’il emploie 200 personnes, toutes ses photos sont soulignées par la mention « Etablissement fermé, à vendre« . Chocolatier, confiseur, pâtissier, double MOF 1976 (pâtissier-traiteur et confiseur-glacier), pédagogue, ayant livré un grand livre encyclopédique de pâtisserie en douze volumes qui fait autorité sur le sujet des douceurs, créateur du magazine qui porte son nom, Yves Thuriès manquera aux gourmets du Tarn et d’ailleurs.

Le Goh change de style

Vincent Rimmely © DR

Vincent Rimmely © DR

Ce fut l’Alsace Gourmande, puis Goh. La table du Sofitel Strasbourg – le premier de la chaîne de luxe du groupe Accor, créée en 1964 -, va changer de nom, de décor et de style. Alsacien et contemporain, sous la houlette du jeune Vincent Rimmely, natif de la région, mais ayant bourlingué (Auberge Sainte-Maure à Sainte-Maure-de-Touraine, le Vallon de Valrugues à St Rémy de Provence, en passant par l’Angleterre et la Nouvelle Zélande), revenu en Alsace à l’Auberge de Saint-Hippolyte, il va imaginer une carte faisant la part belle aux produits fermiers de la région et à la tradition locale revisitée. Rendez-vous pour la nouvelle formule en octobre.

Streiff débarque à Beaune

Olivier Streiff © Maurice Rougemont

Olivier Streiff © Maurice Rougemont

Les lecteurs de ce blog, comme les téléspectateurs fans de Top Chef connaissent bien Olivier Streiff. Ce Lorrain de Saint-Avold, qu’on découvrit jadis au Vistamar de Roquebrune-Cap-Martin, avant de le retrouver à Saint-Tropez à la Bastide, puis à Beaulieu-sur-Mer, à la Raison Gourmande, a dit adieu à la Côte d’Azur, sans regret apparent. Il  demeure plus que jamais  fidèle à son look gothique en s’installant en Bourgogne – dont son épouse est originaire – au  Relais de Saulx à Beaune. Sa mission affirmée: y décrocher très vite une étoile.

Hellio revient à Deauville

Maximin Hellio © DR

Maximin Hellio © DR

Il était le wonder boy de la Bretagne gourmande, reprenant, un temps, dans les côtes d’Armor, la maison mise sur orbite par son père Michel, à Sables d’Or les Pins. On avait perdu sa trace depuis la fermeture de sa « Voile d’Or ». Voilà que Maximin Hellio ouvre mi-avril à Deauville. Il a racheté, plein centre, rue Gambetta, un ancien magasin de vêtements, transformé en table contemporaine. Il y proposera sa cuisine du marché, tourné vers le grand Ouest et ses produits marins, mais aussi terrien. Ce surdoué breton, rallié à la Normandie, formé à l’Auberge de l’Ill en Alsace, l’Oasis à la Napoule, le Pré Catelan à Paris, va pouvoir montrer enfin de quel bois il se chauffe. La maison fermera les lundi et mardi. Et les Parisiens devraient en faire une de leur tables gourmandes privilégiées. A suivre très vite…

Mais où est passé Jancou?

Pierre Jancou au temps d'Heimat © GP

Pierre Jancou au temps d’Heimat © GP

On se demande où le Michelin prend ses informations! Dans son édition 2016, p. 1369, le guide rouge signale, en nouveauté (!), « Vivant Table » vendu, il y a près de trois ans déjà, par Pierre Jancou à David Lanher, puis par ce dernier à Arnaud Lacombre, en précisant « dans cette ancienne oisellerie (…), Pierre Jancou rend hommage aux petits producteurs. » Signalant, en outre, un chef japonais qui n’y est plus non plus. La dernière fois, que nous avons aperçu ce pigeon voyageur de la cuisine bistrotière et zélateur des vins naturels – Pierre Jancou tint, outre Vivant, la Bocca, la Crémerie, puis Racines dans le passage des Panoramas -, il était chez Heimat. Maison qu’il a quittée depuis et laissée à son ex associé, Johan Tamère. Peut-être le Michelin 2017 signalera-t-il enfin Heimat avec la présence de Jancou… En attendant, Pierre le tatoué prépare son retour dans un bistrot convivial qui lui ressemblera, rue Servan dans le 11e. On en reparlera.

A propos de cet article

Publié le 29 février 2016 par

Les chuchotis du lundi: Nicole résiste, Thuriès arrête, le Goh change, Streiff arrive, Hellio revient, mais où passé Jancou?” : 1 avis

  • Tout le monde peut se tromper, y compris tribunal d’Albi qui en rendant ce jugement n’a pas fait preuve d’une grande compétence, car il y a quand même une sacré différence entre la Mélano et les autres truffes, et ça le client doit être informé de celle mise en oeuvre ! Il y avait donc bien tromperie …

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