2

Les chuchotis du lundi: Gagnaire booste le Fouquet’s, les retards de Michalak, du Coq Rico NY, des Boudon, du Ritz, adieu à Michel Piot, les 30 ans de l’Arpège, Dutournier à Hanoï, Garfagnini sous une bonne étoile

Article du 5 octobre 2015

Pierre Gagnaire booste le Fouquet’s

Pierre Gagnaire et Olivier Biles © GP

Pierre Gagnaire et Olivier Biles © GP

Il  gère ses restaurants à lui, de Paris à Londres et de Gordes à Dubaï, tout en veillant désormais sur les nouvelles destinées du Fouquet’s Barrière. Après ceux de Cannes, La Baule, c’est au tour de celui de Paris d’être revu à la manière Gagnaire, à l’aide de son complice Olivier Biles. Maquereau au vin et carottes à la moutarde, « chantilly lace » et salpicon de homard, gigot d’agneau à l’origan (l’autre nom de la marjolaine) et cocotte de cocos de Paimpol, sans omettre le tartare tradition revu en amuse-gueule, comme en Suisse ou en Belgique: voilà qui donne une autre idée de la brasserie à la française. Toujours fortiche sur les desserts, Pierre le magnifique a conçu un fondant chocolat Caraïbes à tomber par terre et une tarte aux pommes dite Deauville à replonger en enfance. Prochaine étape: la mise sur orbite de Fouquet’s Barrière à Marrakech, Toulouse, Manhattan et … ailleurs. Ce concept exportable et très gourmand va faire des petits sous peu…

Le Caraïbes © GP

Le Caraïbes © GP

Les retards de Michalak, des Boudon, du Coq Rico NY et du Ritz…

La boutique Michalak il y a une semaine © GP

La boutique Michalak le 27-09-15 © GP

Quoi de commun entre Christophe Michalak, l’as pâtissier du Plaza, devenu maître ès douceur cathodique, les Boudon, qui possèdent la Fontaine de Mars et le Café des Alma, où il reçoivent le tout-Paris, Antoine Westermann, trois étoiles jadis au Buerehiesel à Strasbourg, présentement chez Drouant, Mon Vieil Ami et au CoqRico montmartrois, et le mythique Ritz de la place Vendôme: ils sont en retard, tout simplement dans leurs neufs projets d’ouverture. Le premier qui ouvre rue de la Verrerie, derrière le BHV, termine les travaux de sa première boutique dans la douleur et annonce une inauguration… incessamment sous peu. Les seconds devaient ouvrir leur 41 Mozart en fin de semaine (dixit leur architecte lorsque la photo ci-dessous a été prise). Le troisième annonce l’ouverture du Coq Rico NY près de Union Square en… novembre, empêché par des tracas administratifs. Enfin, le Ritz, qui a récemment complété son équipe de salle en embauchant Estelle Touzet, l’ex sommelière du Meurice, n’ouvre pas sa table avant … janvier prochain. Motif avancé: le conjoncture, encore et toujours…

Le 41 Mozart le 29-09-15 © GP

Le 41 Mozart le 29-09-15 © GP

Adieu à Michel Piot

Michel Piot à table © GP

Michel Piot à table © GP

Souriant, drôle, positif, formidablement gourmand, il fut, trente ans durant, le chroniqueur gastronomique attitré du Figaro, qui publiait, chaque samedi, son « agenda gourmand », comme un rendez-vous incontournable, jamais vraiment remplacé. Né juste avant la déclaration de guerre de 1939, Michel Piot avait pris sa retraite tôt et vivait, une existence douce de retraité, avec son épouse Odile à Carteret, dans le Cotentin, où il jouait les peintres marins et coloristes avec talent et ferveur. On le voyait encore dans les manifestations culinaires, mais avec discrétion. Il avait choisi de se retirer du milieu sur la pointe des pieds, mais livra des mémoires qui ne firent pas plaisir à tout le monde. Cet amoureux de la vie a laissé deux filles, dont l’une, Hélène, se dédie à la carrière de vins. A elle, à Cécile sa soeur, à Odile sa mère, toute l’expression de notre amitié fidèle.

Etonvouspayaitpourça

Les trente ans de l’Arpège

Alain Passard © GP

Alain Passard © GP

Il prépare ses trente ans – déjà ! – pour l’an prochain à l’Arpège. Alain Passard, qui n’est jamais sur le qui-vive, sait prendre son temps avec art. Il rénove sa façade, la faisant repeindre en blanc cassé, pour lui donner un éclat neuf, peaufine la petite pièce, récemment rachetée à une voisine, où il peut recevoir les amis qui ont récemment réservé en dernière minute, accueille cent couverts par jour, pile poile, sur deux étages, dans l’ancien Archestrate d’Alain Senderens de la rue de Varenne, où il fit quelques unes de ses classes, revu par lui en table accorte, avec ses incrustations de cristal Lalique sur son plaquage stylisé en bois de poirier. Il voit ses élèves s’envoler pour la gloire (de Barbot à Toutain, de Colagreco à Lignac). Mais continue de cuisiner huit heures par jour chez lui, de créer avec notamment les légumes produits avec patience dans ses deux domaines du grand Ouest. Il est présentement l’un des meilleurs chefs du monde, le plus artisan en tout cas. Pour en savoir davantage, cliquez ici.

Toasts de pommes de terre aux légumes © GP

Toasts de pommes de terre aux légumes © GP

Alain Dutournier à Hanoï

Alain Dutournier © GP

Alain Dutournier © GP

Il avait dit qu’il n’ouvrirait jamais de table ni en province, ni à l’étranger. Voilà Alain Dutournier, qui possède, outre le Carré des Feuillants, le Trou Gascon, Pinxo et le Mangetout, démarrant mi-novembre à Hanoï. Poussé par trois investisseurs privés, qui se sont développés dans l’industrie du luxe et investissent le cadre colonial de l’ancien Press-Club face au mythique hôtel Métropole d’Hanoï, il fait coup double avec la Table du Chef, restaurant gastronomique à la française ainsi qu’un bar lounge dit La Plume, plus relax. L’équipe sera 100 % vietnamienne, avec un chef natif d’Hanoï, formé au Sofitel-Métropole sous la houlette du breton Didier Corlou, mais passé aussi en stages prolongés au Carré des Feuillants. Réservations au 0955 255 8556.

Marco et les étoiles

Marco Garfagnini © DR

Marco Garfagnini © DR

Etoilé à Genève au Il Lago, le restaurant du Four Seasons les Bergues, Marco Garfagnini, natif de Carrare en Toscane, s’apprête à ouvrir – ce sera chose faite la semaine prochaine au Four Seasons George V – une table méditerranéenne et néo-italienne. Celle-ci, nommée le George, devrait logiquement guigner un macaron dans le prochain guide rouge. La décoration du nouveau lieu, très Riviera avec ses grandes voûtes blanches, installé en lieu et place de l’ancienne Orangerie de l’hôtel, est signée Pierre-Yves Rochon. Les menus seront à 65 et 110 €. Notons que les deux seuls étoilés italiens à Paris sont des tables d’hôtel: Penati al Barreto à l’hôtel Vigny et Il Carpaccio au Royal Monceau. De bon augure pour ce George version transalpine…

A propos de cet article

Publié le 5 octobre 2015 par

Les chuchotis du lundi: Gagnaire booste le Fouquet’s, les retards de Michalak, du Coq Rico NY, des Boudon, du Ritz, adieu à Michel Piot, les 30 ans de l’Arpège, Dutournier à Hanoï, Garfagnini sous une bonne étoile” : 2 avis

  • GRODNER

    Votre echo du lundi est toujours aussi plaisant .

    Si vous avez le temps allez faire un tour au DADA angle de l’avenue des ternes et de la rue Poncelet à Paris dans le 17eme ,je pense que vous ne serez pas déçus par la qualité des plats servis dans ce café et la gentillesse du personnel.

    François Grodner fan de votre blog

  • bandjougou wagué

    Merci de m’avoir fait rêver; vous êtes le pape de la cuisine française.

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !